Dirk Verdoorn, l’iper-simbolique chez Sakah Toulouse


Du 4 decembre 2021 au 29 janvier 2022, chez Sakah Galerie à Toulouse, sont exposées les oeuvres du peintre Dirk Verdoorn (Dordrecht, Hollande, 1957), Maître d’un certain hyper-symbolisme figuratif qui n’appartient qu’à lui: dont “sa caractéristique la plus authentique est la capacité unique d’humaniser le métal froid des coques de ses navires. Ses cargos, ses porte-conteneurs, ses remorqueurs, sont vivants, faits de chair et de sang. Des navires solitaires semblables à des hommes solitaires, abandonnés à la tempête, lèvent la tête avec résignation, émergeant des flots comme s’ils étaient des caravanes bédouines solitaires, parmi les dunes d’un désert d’eau profond et sourd” (Cit. Puglia&Mare, settembre 2021). Voyager romantique, avec ses tableaux nous montre son regard sur le dramme contemporaire de l’homme: sur la solitude qui nous vivons, jour le jour. Dans ses tableaux, chaque sujet explique la manière d’affronter les événements; pour Verdoorn la vie n’est pas facile mais elle doit être vécue avec courage, et comme ses peinture sera une image indélébile pour l’éternité.

M. Galiotta

L’HOLLANDAIS – cm. 60X60

«Des îles grecques au Backwaters du Kérala, du fleuve Saint-Laurent aux côtes de la Bretagne, du golfe de Tarente au port du Havre, des landes de Saint-Pierre et Miquelon aux canaux de la Floride : Dirk Verdoorn s’est inspiré de tous les lieux où la navigation maritime pouvait devenir le sujet de fresques suggestives. La nouvelle série qu’il consacre aux grands lacs du nord de l’Amérique s’inscrit dans la lignée de ces ensembles où il peignait les phares du Finistère, les ports de pêche du Péloponnèse et les péniches évoluant majestueusement sur la Seine. Qu’il s’agisse de décrire les mystères de ces mers intérieures ou la démesure des navires qui les traversent, on retrouve bien sûr dans ces nouvelles toiles les caractéristiques profondes de son art : méticulosité des détails, expressivité de la lumière et profondeur des couleurs. Ce réalisme exacerbé, cette composition toujours idéalement balancée et ces teintes qui captivent le regard fondent le style inégalable de Verdoorn. Il parle à notre raison autant qu’à notre cœur ; il nous enseigne par la précision de son trait et nous émeut par la richesse de son imaginaire.

Là, deux grues identiques, ocres, lèvent leur bras droit pour saluer un beau cargo couleur bordeaux, lequel semble en pleine discussion avec un petit remorqueur bleu sur la meilleure manière d’entrer au port, par ce temps froid qu’illustrent la glace sur le lac et les flancs neigeux des collines en arrière-plan. Ici, le Herbert C. Jackson, cargo à la proue proéminente, semble nous fixer d’un regard sévère que radoucit toutefois la flamboyance de son flanc caressé par la lumière du couchant. Mais dans cette esthétique des grands lacs sous un climat hivernal s’invite un élément nouveau, qui contraste avec la parfaite netteté du dessin de Verdoorn : la brume, ce « sea smoke » qui apparait lorsque de l’air très froid souffle sur une eau plus chaude. A cette alchimie météorologique qui résulte du mariage entre le liquide et le gazeux, Dirk Verdoorn ajoute l’élément solide que représente l’acier des navires pour composer des scènes aussi authentiques qu’irréelles. Un beau navire canadien, vu de l’arrière, part fendre le mystère d’un horizon bouché, sa coque léchée à la fois par le soleil d’hiver et par une langue de vapeur, dans des teintes qui paraissent inspirées du vers de Rimbaud, dans Le Bateau ivre : « j’ai rêvé […] l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs ». Deux cargos se croisent et semblent flotter sur un banc de brume, faisant ressembler ces mastodontes à des dieux se saluant sur l’Olympe. Tel le cygne qui transporte Lohengrin dans l’opéra de Wagner, le cargo Mississagi surgit d’un mystérieux brouillard, parfaitement encadré par un pont levant tenant le rôle de cage de scène dans ce théâtre marin. Dirk Verdoorn maitrise la texture brumeuse aussi bien qu’il rendait la décomposition de la houle ; sa série des grands lacs tient autant d’une poétique illustration d’un phénomène météorologique que d’une invitation au voyage et surtout d’une irrépressible incitation à la rêverie».

Texte entre guillemets: Jérôme Bastianelli

Credits: Sakah Galerie Toulouse

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